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A 8 ans, je faisais des concours de poils-aux-pattes avec mes petits camarades de classe. Je gagnais à tous les coups.
Inutile de dire que ce dont j’étais assez fière dans mon enfance s’est vite transformé en cauchemar à l’adolescence, lorsque les filles traquaient avec un soin paranoïaque le moindre follicule pileux de nature à déparer leur peau de satin. Sourcils, moustache, gambettes, aisselle, « maillot »… Ma superbe pilosité noire et brillante était devenue un affreux stigmate digne des quolibets les plus cruels.
Dés lors, me soumettant à la pression sociale, une fois n’est pas coutume, j’entrepris de déclarer moi aussi la guerre à mes pauvres poils, guerre qui dure donc depuis maintenant 30 ans.

Ah, ça, en 30 ans j’en ai essayé des trucs, des combines et des tortures diverses et variées… A commencer par le rasoir, à 14 ans, pratique qui ne fit hélas que renforcer l’adversaire.
Lorsque, à 17 ans, ma mère m’envoya chez une esthéticienne pour ma première épilation à la cire, j’étais dotée d’un pelage digne d’un Terre-Neuve de bon lignage. A l’époque, le concept de cire tiède n’avait pas encore été inventé. La cire était chaude. Très chaude, même. D’autant plus chaude que pour éliminer mes tenaces ennemis intimes, il fallut au moins 5 passages de cette cire brûlante. Imaginez l’état de ma peau après le 5ème passage ! J’ai bien cru que cette dernière allait partir avec la dernière couche de cire…
Bref, je sortais de cette séance de torture typiquement féminine la peau couleur langouste ébouillantée vivante, mais de la douceur règlementaire. Il me fallut néanmoins du temps et du courage pour retourner voir une esthéticienne.

Entre-temps, ma maman m’initia à l’épilation-maison. Nous avions le choix entre les bande de cire froide vendues en pharmacie, un épilateur électrique Babyliss, ou de la cire chaude comme chez l’autre tortionnaire. En alternant les techniques, on arrivait vaille que vaille à limiter les dégâts sans trop de souffrances, mais bon, rien encore d’idéal.

Les années passant, quelques progrès se firent sentir dans l’industrie de l’épilation, avec les cires tièdes, liquides, les systèmes d’épilation électrique ou au laser à 50 milliards de dollar la séance, etc…
Tout ça pour quoi, finalement ? Pour générer du profit, tout bonnement. Ben oui, parce que du haut de mes 30 ans d’expérience et de recherches acharnées, j’ai enfin découvert les 2 techniques imparables, simples, confortables et pas cher pour éliminer la bête immonde jusque dans ces moindres recoins.

Pour les poils courts, les jambes par exemple : l’épilation au caramel.
Ça fait des lustres que les maghrébines font comme ça, et ça marche du feu de dieu.
La recette : du sucre (une vingtaine de morceaux ou 200 gr), un peu d’eau et un citron.
Tu mets le sucre dans une casserole, tu mouilles avec un peu d’eau, tu fais cuire doucement jusqu’à obtenir une belle coloration blonde, puis tu rajoutes le jus d’un ½ citron.
Tu touilles bien, puis tu stoppes la cuisson en posant ta casserole dans un fond d’eau froide.
Quand ton caramel est tiède, tu en prend une boulette (genre noisette), que tu malaxes bien entre tes doigts, puis que tu appliques sur la peau.
Tu écrases la boulette avec le pouce dans le sens de la pousse du poil, puis tu saisis l’extrémité inférieure de la bande ainsi obtenue et tu tires vers le haut.
Tu peux réutiliser la même boulette plusieurs fois, jusqu’à ce que le caramel soit trop dur ou saturé de poils. Là, soit tu jettes, soit tu mets de côté pour réchauffer et filtrer (pour les maniaques de l’anti-gaspillage) puis tu prends une nouvelle boulette.
Avec un peu de pratique, c’est vraiment une méthode super, peu douloureuse et économique. Elle fait la peau douce, et le gros avantage par rapport à la cire, c’est que les résidus partent à l’eau.

De plus, selon la consistance du caramel, on peut procéder de différentes manières :
- si ton caramel est trop dur, tu peux le faire réchauffer un peu (attention aux brûlures), et l’étaler en bande comme une cire classique, à l’aide d’un couteau par exemple. Puis tu arraches la bande en tirant vers le haut quand le caramel est plus froid mais pas encore trop dur.
- si ton caramel est trop liquide, tu peux procéder comme avec une cire liquide tiède, en étalant une fine couche de caramel sur la jambe, puis en y appliquant une bande de tissu ou de non-tissé. Ensuite, pareil, tu tires vers le haut et c’est marre. Comme le caramel est soluble dans l’eau (contrairement à la cire), tu peux même mettre tes bandes à la machine et les récupérer comme neuves.
Personnellement, je préfère préparer une plus grande quantité de caramel, que je mets dans un bocal fermé et que je réchauffe au bain-marie quand j’en ai besoin. Mais ça c’est parce que je suis une grosse feignasse et que le caramel se conserve très très bien. Normal, c’est du sucre !

Dans le registre des découvertes extraordinaires, tadaaammmm… laissez-moi vous faire part, gratuitement, sans engagement ni abonnement, de ce que, par hasard, j’ai découvert moi toute seule sans aides ni subventions : la technique dite du Gant Latex !
Oui, je sens bien vos mâchoires qui se décrochent, vos yeux qui s’écarquillent, vos sourcils qui se haussent. Je comprends votre scepticisme : « Quoi, la vérité serait donc si simple, on aurait essayé depuis des dizaines d’années de nous vendre des tas de trucs et de machins super chers dédiés à la lutte contre le poil, alors que la solution était là, à notre portée, pour quelques centimes d’euro seulement ! »
Eh ouais. Pour qui douterait encore de la duplicité de l’industrie de la beauté, en voici la preuve flagrante. Voici donc, livrée toute entière à vos yeux esbaudis, la Technique du Gant Latex :
Tu prends un gant latex (par boîte de 50 dans toute grande surface qui se respecte), tu l’enfiles, et tu arraches des touffes de poils. Vala. C’est aussi simple que ça. Pas de cuisson, pas d’appareil à la con, et ce n’est pas plus douloureux que n’importe quelle autre technique. Tes aisselles nickel en quelques minutes. Ton maillot impeccable, sans brûlure ni bout de cire coincé dans un repli.
Ah lala, quand je pense à tout le fric et le temps gaspillés pendant toutes ces années, ça me laisse songeuse… Perso, ça fait maintenant 5 ans que j’utilise le Gant Latex, et franchement ça a changé ma vie.

La prochaine fois, je vous causerais des recettes de beauté de nos grands-mères, vous allez pas en revenir.