La guerre du poil
Par ma dalton le jeudi 26 mars 2009, 12:48 - Lien permanent

A 8 ans, je faisais des concours de poils-aux-pattes avec mes petits
camarades de classe. Je gagnais à tous les coups.
Inutile de dire que ce dont j’étais assez fière dans mon enfance s’est vite
transformé en cauchemar à l’adolescence, lorsque les filles traquaient avec un
soin paranoïaque le moindre follicule pileux de nature à déparer leur peau de
satin. Sourcils, moustache, gambettes, aisselle, « maillot »… Ma superbe
pilosité noire et brillante était devenue un affreux stigmate digne des
quolibets les plus cruels.
Dés lors, me soumettant à la pression sociale, une fois n’est pas coutume,
j’entrepris de déclarer moi aussi la guerre à mes pauvres poils, guerre qui
dure donc depuis maintenant 30 ans.
Ah, ça, en 30 ans j’en ai essayé des trucs, des combines et des tortures
diverses et variées… A commencer par le rasoir, à 14 ans, pratique qui ne fit
hélas que renforcer l’adversaire.
Lorsque, à 17 ans, ma mère m’envoya chez une esthéticienne pour ma première
épilation à la cire, j’étais dotée d’un pelage digne d’un Terre-Neuve de bon
lignage. A l’époque, le concept de cire tiède n’avait pas encore été inventé.
La cire était chaude. Très chaude, même. D’autant plus chaude que pour éliminer
mes tenaces ennemis intimes, il fallut au moins 5 passages de cette cire
brûlante. Imaginez l’état de ma peau après le 5ème passage ! J’ai bien cru
que cette dernière allait partir avec la dernière couche de cire…
Bref, je sortais de cette séance de torture typiquement féminine la peau
couleur langouste ébouillantée vivante, mais de la douceur règlementaire. Il me
fallut néanmoins du temps et du courage pour retourner voir une
esthéticienne.
Entre-temps, ma maman m’initia à l’épilation-maison. Nous avions le choix entre
les bande de cire froide vendues en pharmacie, un épilateur électrique
Babyliss, ou de la cire chaude comme chez l’autre tortionnaire. En alternant
les techniques, on arrivait vaille que vaille à limiter les dégâts sans trop de
souffrances, mais bon, rien encore d’idéal.
Les années passant, quelques progrès se firent sentir dans l’industrie de
l’épilation, avec les cires tièdes, liquides, les systèmes d’épilation
électrique ou au laser à 50 milliards de dollar la séance, etc…
Tout ça pour quoi, finalement ? Pour générer du profit, tout bonnement.
Ben oui, parce que du haut de mes 30 ans d’expérience et de recherches
acharnées, j’ai enfin découvert les 2 techniques imparables, simples,
confortables et pas cher pour éliminer la bête immonde jusque dans ces moindres
recoins.
Pour les poils courts, les jambes par exemple : l’épilation au
caramel.
Ça fait des lustres que les maghrébines font comme ça, et ça marche du feu de
dieu.
La recette : du sucre (une vingtaine de morceaux ou 200 gr), un peu d’eau
et un citron.
Tu mets le sucre dans une casserole, tu mouilles avec un peu d’eau, tu fais
cuire doucement jusqu’à obtenir une belle coloration blonde, puis tu rajoutes
le jus d’un ½ citron.
Tu touilles bien, puis tu stoppes la cuisson en posant ta casserole dans un
fond d’eau froide.
Quand ton caramel est tiède, tu en prend une boulette (genre noisette), que tu
malaxes bien entre tes doigts, puis que tu appliques sur la peau.
Tu écrases la boulette avec le pouce dans le sens de la pousse du poil, puis tu
saisis l’extrémité inférieure de la bande ainsi obtenue et tu tires vers le
haut.
Tu peux réutiliser la même boulette plusieurs fois, jusqu’à ce que le caramel
soit trop dur ou saturé de poils. Là, soit tu jettes, soit tu mets de côté pour
réchauffer et filtrer (pour les maniaques de l’anti-gaspillage) puis tu prends
une nouvelle boulette.
Avec un peu de pratique, c’est vraiment une méthode super, peu douloureuse et
économique. Elle fait la peau douce, et le gros avantage par rapport à la cire,
c’est que les résidus partent à l’eau.
De plus, selon la consistance du caramel, on peut procéder de différentes
manières :
- si ton caramel est trop dur, tu peux le faire réchauffer un peu (attention
aux brûlures), et l’étaler en bande comme une cire classique, à l’aide d’un
couteau par exemple. Puis tu arraches la bande en tirant vers le haut quand le
caramel est plus froid mais pas encore trop dur.
- si ton caramel est trop liquide, tu peux procéder comme avec une cire liquide
tiède, en étalant une fine couche de caramel sur la jambe, puis en y appliquant
une bande de tissu ou de non-tissé. Ensuite, pareil, tu tires vers le haut et
c’est marre. Comme le caramel est soluble dans l’eau (contrairement à la cire),
tu peux même mettre tes bandes à la machine et les récupérer comme
neuves.
Personnellement, je préfère préparer une plus grande quantité de caramel, que
je mets dans un bocal fermé et que je réchauffe au bain-marie quand j’en ai
besoin. Mais ça c’est parce que je suis une grosse feignasse et que le caramel
se conserve très très bien. Normal, c’est du sucre !
Dans le registre des découvertes extraordinaires, tadaaammmm… laissez-moi vous
faire part, gratuitement, sans engagement ni abonnement, de ce que, par hasard,
j’ai découvert moi toute seule sans aides ni subventions : la technique
dite du Gant Latex !
Oui, je sens bien vos mâchoires qui se décrochent, vos yeux qui s’écarquillent,
vos sourcils qui se haussent. Je comprends votre scepticisme :
« Quoi, la vérité serait donc si simple, on aurait essayé depuis des
dizaines d’années de nous vendre des tas de trucs et de machins super chers
dédiés à la lutte contre le poil, alors que la solution était là, à notre
portée, pour quelques centimes d’euro seulement ! »
Eh ouais. Pour qui douterait encore de la duplicité de l’industrie de la
beauté, en voici la preuve flagrante. Voici donc, livrée toute entière à vos
yeux esbaudis, la Technique du Gant Latex :
Tu prends un gant latex (par boîte de 50 dans toute grande surface qui se
respecte), tu l’enfiles, et tu arraches des touffes de poils. Vala. C’est aussi
simple que ça. Pas de cuisson, pas d’appareil à la con, et ce n’est pas plus
douloureux que n’importe quelle autre technique. Tes aisselles nickel en
quelques minutes. Ton maillot impeccable, sans brûlure ni bout de cire coincé
dans un repli.
Ah lala, quand je pense à tout le fric et le temps gaspillés pendant toutes ces
années, ça me laisse songeuse… Perso, ça fait maintenant 5 ans que j’utilise le
Gant Latex, et franchement ça a changé ma vie.
La prochaine fois, je vous causerais des recettes de beauté de nos
grands-mères, vous allez pas en revenir.
Commentaires
"pelage digne d’un Terre-Neuve de bon lignage"...aahahah!
Moi je suis épilateur électrique de base le moins cher...nikel!...après des années de rasoir...gloups!
ça fout les jetons, un terre-neuve qui s'arrache les poils avec des gants en latex!
En tout cas, ça fait bien plaisir de te retrouver sur le net, même si tu as tendance à semer les blogs sur ton chemin comme l'homme volage sème les nains sur le sien... ;-)
ABY> rah putain, l'épilateur électrique, y a pas plus douloureux ! J'admire ton courage... ;)
Mono> Huhu, la métaphore est excellente !
Râââââââââââh.
J'ai fait suivre le lien à ma femme. Quoi j'ai dit quelque chose qu'il fallait pas ? :) :)
Là le gant en latex je ne suis pas... "Arracher" comme "arracher"? Dans ce ces-là, pourquoi le gant, pourquoi pas main nue? Vous arrivez à les arracher, et ça ne fait pas de repousse sous peau? (pasque moi, outre un pelage qui rivalise peut-être avec le vôtre, j'ai été dotée d'une peau hyper sensible et de poils sous peau, un vrai bonheur!!)
Là le gant en latex je ne suis pas... "Arracher" comme "arracher"? Dans ce ces-là, pourquoi le gant, pourquoi pas main nue? Vous arrivez à les arracher, et ça ne fait pas de repousse sous peau? (pasque moi, outre un pelage qui rivalise peut-être avec le vôtre, j'ai été dotée d'une peau hyper sensible et de poils sous peau, un vrai bonheur!!)